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Aventures

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Publié le par lolo
Publié dans : #interview Sandrine Monier
Sandrine Monier, membre du team Quechua, donne sa vision du raid, de l'entraînement et de l'ambiance collective de cette équipe de choc, récente vainqueur du Raid in France en Mai dernier et 5ème du Arworld championship Brésil en 2008, une des meilleures raideuses françaises actuelles sur les raids longs non stop.

Petit CV Express

Nom, Prénom : MONIER, Sandrine

Age : 35 ans

Lieu de vie : Poncin dans l'Ain

Profession : Professeur des Ecoles

Situation familiale : Mariée à Tom, 3 enfants (Mathieu, Eva et Noé)

Surnom : Jerry pour Tom et Jerry

 

Sandrine, avant de revenir sur tes dernières aventures avec le team Quechua (Ecomotion Brésil, Raid in France), quelles ont été tes activités sportives avant les Raids multisport ?

Avant le raid, j’ai fait pas mal de sports dits « ludiques » : volley-ball (mon option lors de  mes années Staps), du  Badminton, du Tennis… et  j’avais horreur des sports d’endurance ! J’ai passé 5 ans à la maison en congé parental et je me suis mise à la course à pieds en arrivant dans l’Ain, pour dépanner un relais de copines pour la Saintélyon en 2004.


Et pourquoi avoir choisi le raid ?

J’ai choisi le raid, car j’ai eu « la chance » d’y goûter lors du Triathl’ain (raid court, réputé, à 10 Km de la maison !!!). Avec Tom, nous avons été initiés par Laurent ARDITO, capitaine de l’équipe de raid locale et Jérôme Daille, collègue de travail de Tom et  nous avons attrapé le virus !

D’abord nous avons fait des raids courts, sans orientation, puis des raids plus longs et avec orientation (je me suis licenciée en CO et j’ai "appris" à orienter sur le terrain pendant que Tom peaufine son orientation sur carte IGN lors de différentes sessions d’AMM). J’apprécie énormément le contact avec la nature, je ne m’étais pas rendue compte que c’était aussi important pour moi ! Mes débuts dans le raid ont aussi été motivés par le décès de mon cousin Bruno FLECHET lors du défi vert de St Gervais…


Quels sont tes points forts et faibles sur ces belles aventures ?

Je n’ai pas vraiment de point fort, ni de point faible ! Je ne suis pas issue des sports d’endurance et encore moins du haut niveau, du coup je  ne  suis  pas experte dans un domaine, c’est mon point  faible ! Par contre, je suis plutôt à l’aise dans l’ensemble des activités rencontrées en raid, je suis très polyvalente, c’est mon point fort !


Comment arrives tu à concilier vie de famille, vie pro et les raids, notamment lorsque tu pars à l’étranger ou sur des raids longs en France ?

J’arrive à concilier mes enfants, mon boulot et le raid grâce à mon temps partiel (je travaille à 80% sur l’année). Je profite de mon temps libre pour m’entraîner ! Pour les absences longues, je dois dire merci à Tom ou à mes parents ! Je dois aussi négocier des autorisations d’absence avec l’éducation nationale, bien souvent sans solde !


Comment as tu pu intégrer le team Quechua?

Avant d’intégrer le team, j’avais dépanné l’équipe en Slovénie en 2006, lors de la grossesse d’Anne-Laure.

Le feeling est tout de suite passé, j’ai apprécié l’ambiance même si je me suis aussi rendue compte que je n’étais pas tout à fait au niveau ! C’est en 2007 que Rudy m’a proposé d’intégrer l’équipe car même si physiquement j’étais un peu juste, mon état d’esprit passait bien et avec un entraînement un peu plus poussé, je pourrais combler mes lacunes. C’est avec joie, mais aussi beaucoup d’appréhension que j’ai accepté !

 

Quelle est l’ambiance au sein de ton équipe qui fait l’unanimité auprès des raiders ?

Au sein de cette équipe, c’est une vraie bonne ambiance ! C’est très détendu, la préparation matériel est réduite au minimum, on peut même dire qu’on s’y prend un peu au dernier moment ce qui peu parfois être déroutant …et aussi « jouer des tours » : l’équipe a pris le départ avec près de 30min de retard lors des championnats du monde au Québec en 2006 !

Je pense qu’il n’y a pas de prise de tête, juste le plaisir de faire ce qu’on fait en se respectant soi même, en respectant ses équipiers, les autres coureurs et les organisateurs ! Je n’ai jamais vécu de moment d’énervement, on ne se remet jamais en question les uns les autres et on se fait confiance.


Si en quelques mots tu devais définir tes équipiers ?

Pour définir mes équipiers :

Rudy : réfléchi, calme, fair-play et un très bon orienteur (ça, tout le monde le sait !)

Bill : boute en train, expérimenté, tabernacle de québécois ! Laurent : je le connais moins, mais toujours le sourire


Comment une fille fait elle sa place au sein de ces solides gaillards?

Je ne sais pas si j’ai du faire ma place, mais quand nous prenons un départ, nous savons qu’il faut que nous arrivions tout les 4 dans les meilleures conditions possibles !

J’essaie d’être assez autonome en course, mais je sais que je peux à tout moment compter sur eux !

J’ai une confiance aveugle dans les choix de Rudy (capitaine et orienteur), je me sens aussi très en confiance lors des sections montagne et corde car Laurent est guide de haute montagne et est donc expert dans ces activités ce qui est rassurant quand les conditions peuvent se dégrader. Quand à Bill, il est infatigable et je sais que je peux compter sur lui en VTT et surtout en Kayak (même si je dois reconnaître que je suis quand même plus à l’aise sur un bateau quand je suis avec Tom !) Pour ma part, je m’occupe du road book et j’essaie de tempérer un peu mes équipiers sur les départs !


Que penses tu du niveau des filles sur ces raids longs ?

Je pense que les filles sont « fortes » sur les raids longs ! La différence garçon/fille se réduit avec l’allongement de la durée de course et c’est valable pour toutes celles que je connais ! Quand le mental doit compenser le physique, il n’y a plus de différence entre les gars et les filles! J’ai même l’impression que nous avons moins besoin de sommeil pendant les courses…


Allez, dis nous en plus sur tes entraînements, ta semaine type ? J’ai pagayé récemment avec toi et ton coup de rame est impressionnant et efficace, tu as certainement de bons conseils par Tom, mais ce n’est pas tout ?

C’est vrai qu’avec les conseils d’un professionnel de la discipline et tout le matériel à porté de main, je n’ai pas beaucoup de mérite ! En plus, je pratique assez régulièrement (1 fois par semaine et plus en phase terminale de préparation d’un objectif) et la rivière d’Ain est à 2 pas de la maison…

Alors une semaine type, c’est 2 séances de course à pieds d’1 heure environ, le soir après les devoirs des enfants et si possible avec Tom.

C’est 1 sortie VTT de 1h30 à 2h et 1 séance de kayak le jeudi (je ne travail pas ce jour-là)

J’essaie de caser une petite sortie de vélo ou de course à pied le WE, mais ce n’est pas régulier. En phase de préparation intensive (dernier mois), je cours 3 fois, je pédale 2 fois et je pagaie 1 à 2 fois. Mes séances sont plutôt courtes car je manque de temps et je suis souvent seule et je choisis mes parcours en fonction de mes envies (jamais de piste, de route, ou de chrono !).


Diététique ??………… Comment gères tu ta nourriture ? Dans la vie de tous les jours… En compétition ?

Pour ce qui est de la nourriture hors course et en course, on ne peut pas vraiment parler de diététique !

Je mange et je bois ce qui me fait envie, sans aucune restriction ! En course, je préfère même ne pas manger que de manger quelque chose qui ne m’attire pas ! D’après Thomas, je ne mange pas assez de féculents les jours qui précèdent un raid long,… je n’ai jamais eu  de problème alors je ne me force à rien et je ne supprime rien !!!


Vous avez des partenaires « sponsors », quels sont ils et que vous apportent ils ?

Pour les partenaires nous n’avons que Quechua qui nous apporte le matériel…pas d’argent.

Quelle est ta préférence au niveau des formats raids ? non stop, longs, courts,….

J’aime bien les raids courts, car ils peuvent se décider et se préparer au dernier moment, ils demandent moins de logistique et moins d’entraînement spécifique.

Par contre on est à fond pendant tout le raid et je trouve que physiquement c’est plus dur.

Alors que les raids longs sont plus comparables à une aventure avec un grand A ! Physiquement, ce qui est dur ce n’est pas l’intensité, c’est la durée de l’épreuve et là c’est le mental qui prend le pas sur le physique… Je préfère donc les raids longs, non-stop, car l’équipe se retrouve en autonomie complète : il faut gérer son alimentation, son sommeil, sa progression…et le plus souvent les autres équipes ne sont pas à portée de vue car les écarts entre les équipes  sont plus importants !


Tu fais également souvent équipe avec ton « Homme », Thomas Monier comme beaucoup de couples (Den’s et Sandrine, Myriam et Jacky,etc…), pas trop dur de courir avec sa moitié de cœur ?

J’adore courir avec Tom…Quand je suis avec lui, je sais que je vais être « choyée », par contre, je m’écoute aussi un peu plus !!! Et puis, c’est important pour les partenaires que nous avons avec notre association, Raid2Nature, que nous nous alignions ensemble sur les raids régionaux…


Revenons sur cette superbe 5ème place au Brésil, quelle aventure… Et pour une équipe typée montagne, Quechua s’est fort bien défendu. Comment as tu préparé cet événement (il me semble que t’étais blessées l’été précédent) ? Et comment s’est déroulé cette folle épopée ?

Pour le Brésil, c’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai pris le départ !!! Flo était blessée et 15 jours avant, on ne savait pas qui de nous 2 allait courir…(on partait toutes les 2 et celle qui ne courait serait à l’assistance !) Je n’avais jamais pris le départ d’un vrai raid long non-stop et je savais aussi que mes équipiers n’étaient pas là pour faire de la figuration !!!

 

C’est vrai que je m’étais blessée à l’épaule fin juillet (chute en VTT lors des MXR avec fracture arrachement du trochiter…) et que ma préparation n’a  commencée que début septembre…J’ai quand même eu 2 mois pour me préparer mais sans être sûre de prendre le départ. Psychologiquement c’était un peu dur de prendre du temps sur la vie de famille sans certitude !

 

Mais le profil de la course restait pour moi un avantage : j’avais l’expérience d’Abu Dhabi et donc de la chaleur et du sable, contrairement à mes équipier…Je savais que je supportais plutôt bien la chaleur et je savais aussi qu’il n’y aurait pas trop de dénivelé (mes équipiers n’étaient donc pas à leur avantage…) L’équipe a quand même bien su gérer sa course…l’expérience, ça aide ! Une progression régulière, une bonne gestion du sommeil et quelques coups de bourre de temps en temps (notamment dans la rivière « infernale » quand les Brésiliens nous doublent et qu’on s’accroche à eux pour qu’ils nous sortent de cet enfer !) Notre 5ème place ne s’est profilée que sur la fin du raid, lorsque toutes les équipes ont épuisé leur carte sommeil…


On arrive à cette récente victoire au Raid in France. Sandrine et Den’s me disent que c’est LE RAID AVENTURE qui porte bien son nom : AVENTURE avec un grand A. Un réel retour aux sources. Qu’en as tu pensé ?

Raid In France !!!! Back to nature…plus qu’un slogan, une réalité !

Ca reste ma plus belle expérience de raid long et pourtant c’était en France ! Toutes les étapes étaient difficiles, engagées physiquement et mentalement. Il n’y a pas de répit. Des territoires magnifiques notamment les ateliers de corde dans les gorges du Verdon…il y a même de la frustration à passer de nuit !

 

Nous sommes vraiment en immersion totale dans la nature : seulement 3 assistances, des kilomètres sans une seule habitation et du coup, il faut gérer la nourriture et l’eau !

Nous en avons manqué et c’est une drôle d’expérience car nous sommes alors en « survie » !

Nous nous sommes arrêté chez des gens pour demander à manger et l’accueil est parfois très chaleureux !

 

Il y a des moments ou on se demande ce qu’on fait là, on prend aussi des risques parfois !

Et puis il y avait Tom à l’assistance, il comptait sur nous, sur moi…je n’avais pas envie de le décevoir ; c’est une motivation supplémentaire.

 

Raid in France, c’est donc un retour aux sources dans la mesure ou c’est un raid en réelle autonomie, dans tous les domaines : eau et nourriture avec seulement 3 assistances… mais aussi dans les ateliers techniques : il n’y a pas toujours un guide pour te mettre ta corde au départ du rappel ! Il faut un minimum de maîtrise dans les ateliers techniques (même en équitation) ! Il faut aussi souligner que les assistants ont un rôle très important, car c’est eux qui préparent tout le matériel….Aux transitions, les coureurs prennent le matériel obligatoire laissé et dans l’état ou il a été laissé !!! Il ne faut donc rien oublier.


Et c’est pour toi et ton équipe une très belle victoire qui annonce un futur championnat du monde portugais intense et passionnant. Comment préparez vous cet événement ? Rassemblements ? Raids en commun ?

Pour le Portugal, la seule certitude (sauf blessure), c’est la composition de l’équipe : on prend les mêmes  et on recommence…avec les mêmes assistants bien évidemment !!!

Pour le moment pas de WE ou de rassemblement de prévu…peut-être le raid du Mercantour !? Chacun reste assez autonome dans son entraînement et sa préparation du matériel…


Pour terminer un petit quiz :

1 Film : je vais très rarement au cinéma, mais un film m’a marqué récemment : Into the Wild

1 Livre : quand je lis, je dévore et le dernier c’est « quitter le monde » de Douglas Kennedy, à conseiller !

1CD : en ce moment, c’est Grégoire.

Je suis très chanson française car j’aime que les chansons me racontent une histoire !

1 pays : la France (ce n’est pas très exotique, mais quel beau pays !!!)

1 sportif : Thomas MONIER

1 sportive : ma maman (elle a 68 ans et elle m’impressionne énormément surtout en vélo !)

1 site Internet : le blog de raid2nature !!! 1 devise : «  tant que tu n’as pas essayé, tu ne peux pas dire que tu n’y arriveras pas… » et aussi « pourquoi faire demain ce que tu peux faire aujourd’hui… » 

Merci Sandrine, et bonne préparation pour le ARWC Portugal.


Photos : Raid in France 2009

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