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Loloraidoutdoor

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Aventures swimrun ultra trail Norseman ötillö marathon des sables Outdoor sport outdoor triathon

Publié le par lolo
Publié dans : #MDS 2010

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James Cracknell et lolo

Il est temps de passer à "l'étape" avec un grand E : LA LONGUE, le Marathon, l'étape où tout se décide et où le classement se fige à 2/3 places près. Je suis pour l'instant 26ème au scratch et le règlement veut que les 50 premiers et les 5 meilleures féminines partent à midi, soit 3 heures après le départ du peloton. Dans le tente, Léon, Khier, et l'épatante Abeille Laurence font partis de ce départ décalé.

Je profite du temps libre entre 9 et 12 heures pour poser aux côtés de monsieur James Cracknell, double champion Olympique d'Aviron anglais et multi champion du monde. Je suis très impressionné par le colosse qui court comme une antilope.  Très sympa, il m'explique qu'il s'entraîne énormément, triathlon, expéditions, traversées de mers en aviron, c'est un sacré athlète affûté et sculté dans le roc (comme moi).

Le temps de faire un shampoing à Laurence avec les bouteilles restantes et de me faire piquer ma place dans la tente par le number one, Mohamed, et le départ pour la mythique étape est donné sous un soleil de plomb.

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Je pars sur un rythme correct, mais je n'ai pas de très bonnes sensations, comme à chaque fois, en début de course. Je trouve que c'est parti vite devant et je décide de faire une course d'attente : Ce n'est pas moi qui vais accélérer pour rattraper les autres, mais au contraire, je vais me caler à un rythme et le tenir le plus longtemps possible, en espérant que "les autres" ralentiront et viendront ainsi à moi. CP1, enfin! Je ne suis pas très à l'aise et décide de sortir mon MP3, il faut que je me change les idées, tout de suite. Nous sommes dans une section vallonnée et sableuse. La musique me fait un bien fou, et me remet dans le rythme et dans la course.

Je décide également de rester calé au niveau des 2 premières filles (car je les connais les filles sur le long : c'est comme le lapin avec le piles dans le dos. Petit rythme constant mais qui dur, qui dur... longtemps) et avec Widy Grego. Au bout de 50km et après avoir traversé des lacs asséchés, un oasis, et encore des plateaux arides, le soleil se couche laissant la chaleur du sable nous réchauffer par le sol. Il commence à faire moins chaud. J'alterne entre bonnes et moins bonnes sensations. Mais entre le CP4 et CP5, j'arrive dans les dunes plutôt en forme,. euphorique le Valette. Je pars seul et lâche les 2 gazelles. 20km de dunes au programme à franchir dans la nuit, plus que 30km. Heu, rectification : Encore 30km... Pas pareil! J'envois assez fort et ces 10 premiers km de montées descentes ensablées se passent pour le mieux. j'suis bourré d'endorphine, je ne sens rien.

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CP5, encore 10km de dunes, ça commence à aller moins bien (tiens, tiens?), je sature des boissons et de la nourriture. Plus rien ne passe, je sens que la fin va être terrible. Il n'a pas le même rythme le lolo, heureusement que le rayon laser nous guide dans la nuit étoilée désertique. MP3 dans les oreilles à nouveau, je sers les dents et avance de mon mieux, alternant marche rapide dans les montées et course en descente. Je commence à sacrément avoir envie de vomir, mais ça ne vient pas. Les dunes s'aplanissent, et j'arrive enfin au CP6. Il reste donc 11km, 71km dans la tirelire, va falloir que ça se termine. Oulala, il va vraiment falloir que ça se termine...

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Véro m'encourage au CP6 et j'entend Aurore qui m'interpelle. Je suis revenu sur la 2ème abeille et sur Jean-Paul qui est complet à la ramasse. Moi, je ne suis pas frais du tout, ça ne va pas mais ça, j'ai l'habitude. je récupère ma bouteille et je file car il faut pas traîner. J'suis très fatigué et maintenant, j'alterne course à pieds et marche rapide. Je suis surpris de revenir sur 2 espagnols de bon niveau qui marchent. En fait un marche et l'autre trottine sauf qu'ils avancent à la même allure? Je me pose donc des questions sur ma vitesse? Vais-je aussi vite en marchant ou en courant? A priori ma vitesse de course est encore légèrement plus rapide (très légèrement!). Je sens que je suis dans le rythme, que je ne lâche rien et que je suis entrain de réaliser un belle étape mais que c'est difficile. Je ne vais tout de même pas anéantir un bon résultat et ces 75km de course en m'effondrant sur ces derniers kilomètres? On voit l'arrivée, lumineuse et rayonnante, sauf que j'estime qu'elle se situe à 6 km et puis il n'y a que la ligne d'arrivée qui rayonne, car le lolo il est complet éteint. C'est ça le désert, c'est sympa mais on voit parfois à l'infini. Il n'y plus que ma tête qui peut faire avancer la machine, c'est elle qui depuis le CP5 a pris le dessus sur mon corps, et c'est elle qui me fera terminer cette si longue étape. 

C'est l'arrivée, enfin, incroyable sensation de libération!! Enfin! Ouf!

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Photo trash de lolo complet crâmé après 11h00 de course. Je m'assois, mais je ne suis pas bien! petite chute de tension. Je me relève et sur le chemin de la tente, je rendrai l'âme 3 fois de suite. C'est moins pire que la fin de l'étape longue de 2008 ou le fameux crocodile vert haribo de Xtof m'avait sauvé. Je me lave, me change et m'allonge. Je sirote une bouteille d'eau dans la nuit difficile, mais ça va. Toute la tente rentre à bon port, c'est génial. Et le lendemain matin, confirmation de mes sensations durant ce périple : le résultat est positif, 25ème de l'étape longue! Génial, je suis aux anges, c'est fait! Normalement, je dois terminer dans les 30, pour cela va falloir gérer l'étape du marathon et ses 42km, mais on verra ça plus tard, parce que maintenant c'est repos et récupération car j'ai atteint la limite de mes possibilités. Je suis resté du bon côté de cette limite mais il s'en est fallu de peu pour que tout bascule, pour que je bascule de l'autre côté. Voilà! Un grand moment de sport, un moment indélébile pour moi et pour tous ces conquérents du Sahara.

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Pat 27/04/2010 09:34



Quelle grignette ce Cracknell !!!! ;-)


 


Trop fort Lolo...



Véro 26/04/2010 23:08



Quel talent !! (de coureur, et de conteur !... Mais j'me répète ! ;-)



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