Dimanche 13 avril 2008
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20:55
L'étape Ultra, elle fait peur à tout le monde, du premier au dernier. Vais je tenir le coup? 110km dans les jambes et une étape de dingue nous attend. Classé dans les 50 premiers, je partirai donc
à midi, laissant mes amis et les autres concurrents prendre le départ à 9h00.

Je me retrouve donc avec un petit groupe, je croise Simone Kayser qui me dit : "Hé
Laurent; on t'a réservé une place dans la tente 4". Cool, en fait il ne reste que 4 tentes de montées pour 55 personnes. je vais dans la tente, que du beau monde : L'espagnol, vice Champion du
monde des 100km, je me retourne, et derrière moi, Lorenzo, Champion d'Italie des 100km et Marco Olmo que je ne présente pas. Marco, quel champion! Il ne paye pas de mine, il est même gêné.
Timide, attachant, je découvre pour la première fois l'homme. Il pourrait être mon papa (59 ans), sauf que mon papa ne m'envoi pas une dérrouillée à chaque étape. Incroyable, ce bonhomme sec et
pourtant vivace.
Une belle rencontre d'autant plus que je baragouine quelques mots d'italiens, disant que je suis d'origine italienne... ca y est, c'est dans la poche : "Ta madre e italiana..."... Bene....

Reste une heure, Simone m'emmène vers le champion Mohamad Alansal pour partager
le repas en compagnie de sa fille et d'une autre luxembourgeoise.
DEPART : Un start bizarre, intimiste à 55.
GO.... C'est parti pour l'interminable. Je pars vraiment tranquillou, Simone derrière, Didi devant. Je me refuse à suivre la gazelle de suite et prend mon rythme. Au bout de 8 km, on monte un
Jebel, terminant avec une main courante. S'ensuit une descente technique. Je reprend Didi et une dizaine de coureurs, les descentes c'est mon truc quand même. S'ensuit un premier lac asséché
:

Juste avant le lac, dans la descente, nous rattrapons les derniers concurrents
partis 3h plus tôt. J'ai les jambes, je me sens bien, on arrive alors au niveau d'une passe magnifique :

Endroit paradisiaque pour un CP ravito, superbe. Le parcours est somptueux.
J'ai décidé sur cette étape de mettre le MP3, ça me change les idées et mes airs de musiques préférés prennent toute leurs saveurs dans ce décor magnifique.
Nous enchaînons à nouveau sur 15km de lac asséché en plein cagnard.

Puis nous arrivons à nouveau au pied d'un jebel. On navigue sur les hauteurs
et parcourons un relief volcanique valloné vraiment superbe.
Une sensation extra m'envahit, plein les jambes, plein les yeux, que du bonheur. On croise dans le néant un marocain, en sens inverse, où va t'il? que fait il? c'est suréaliste.
On redescend sur une lac asséché interminable. Le CP se voit à 7km.
Je reviens sur Xtof. C'est génial. Il m'encourage et prend cette photo. Je suis comme shouté aux endorphines, inarrêtable. Le soleil se couche, nous l'aurons de face, il nous aveugle, je
m'en vais laissant mon ami aux mains de la nuit et espérant le revoir très vite.

Je disparais, et m'enfonce dans la nuit Saharienne. J'ei encore de belles
sensations. Mais alors qu'il reste 12km, j'ai des premiers symptômes désagréables, nausées, moins de fraîcheur, et manque de jus, je sens une sorte d'hyppo m'envahir. Je me met alors à
marcher vite,à manger et à boire. Je reprend ma course jusqu'au dernier CP. Là, les encouragement enthousiasmant de Véro me remettent en selle.
Elle me bouste et je me dis qu'il ne reste que 8km, je suis dans un super timing. ce serait dommage de tout gâcher.

Je repars donc motivé comme jamais, mais 3km plus tard, panne d'essence
comme une voiture. Je ne suis vraiment pas bien, je me remet à marcher. Alors que j'avais doublé 2 espagnols, ils me repassent. Je suis dégoûté et énervé. Des lumières, je vois le
camp de base à environ 5km. Je me cries dessus, ça m'énerve trop du coup, même pas frais je me remet à courir jusqu'à l'arrivée alors que je suis entrain de "voir la vierge".
J'arrive... OUF....
Je m'affale sur 2 barrières, je suis en sueur alors qu'il fait frais, un doc me repère et m'accompagne. Grosse hypo à la limite de la perfusion. Il me dit de manger du sucré, pas
envie. Je sors une compote de lyo, je n'arrive pas à la manger. Il s'ecclipse, moi aussi. je vais dans ma tente. "Doc, suis pas bien, blanc comme un cachet, qu'est que je dois
faire?". "Mange une barre ou une pâte de fruit", Beurk, vraiment pas envie. je tente le coup et hop, je chevauche en courant mes collocataires pour vomir à la sortie de la tente.
Comme un bonne cuite, je sais que je vais me refaire, mais le plus dur, c'est l'instant présent et mes grands moments de solitudes.

Et voilà mon héros,mon spiderman de la nuit. Il arrive alors que je
suis en vrac calé dans le duvet, la tête surélevée au cas où. Je lui dis, Xtof, toi qui a tout, je ne peux rien avaler mais il me faut du sucre. Pas de problème Lolo, à peine
arrivé, alors qu'il est calmé, il m'envoit un bonbon haribo, un crocodile vert. Je mange la queue, et m'endort 1h. A moitié comateux, j'ai soif, je bois et m'aperçois que dans ma
main, il me reste l'autre partie du crocodile vert. je le met dans la bouche. Il sera ainsi dégluti progressivement dans la nuit. Le soleil se lève, j'ouvre un oeil, puis
l'autre, tente un redressement de mon corps : Ca a marché, je me suis refait. Une journée pour se requinquer, je peux entonner une chanson connue :
"Haribo c'est beau la vie, pour les grands et les petits"....
36ème de l'étape et 30ème au général, incroyable!!!!
Par lolo
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Publié dans : MDS 2008
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